Un chiffre qui interroge l’usage de l’IA dans la prise de parole
39 % des salariés démasquent immédiatement un discours généré par une IA chez leur dirigeant, et l’authenticité s’effondre aussitôt. C’est ce que révèle la troisième vague du baromètre annuel Whistcom x OpinionWay 2026 sur les salariés et la parole de leurs dirigeants, dans son rapport complet « Les 4 enseignements 2026 ».
Un paradoxe assumé par l’étude elle-même
Le baromètre ne se contente pas de pointer le problème, il en détaille les deux faces. Pour les salariés qui repèrent l’usage de l’IA dans une prise de parole, 64 % jugent qu’elle améliore la qualité globale de l’intervention, et 69 % qu’elle aide à s’exprimer en anglais.
Mais pour une nette majorité, l’IA agit comme un frein à l’authenticité : 74 % des salariés trouvent les messages moins personnalisés, et 71 % estiment qu’ils finissent tous par se ressembler. L’IA muscle la forme, elle vide le fond de sa substance.
Ce que ça dit du rapport des équipes à la parole du dirigeant
Le même baromètre montre que 80 % des salariés estiment que la parole de leur dirigeant impacte directement leur motivation, en hausse de 9 points par rapport à 2023. Et 77 % placent la capacité à communiquer devant l’expertise métier. Un salarié sur deux estime par ailleurs que son dirigeant manque d’aisance à l’oral, et 55 % avouent décrocher rapidement pendant ses interventions.
Ce que je constate sur le terrain
Je vois de plus en plus de dirigeants arriver en réunion de préparation avec un texte déjà rédigé par ChatGPT. Poli, bien structuré, mais sans aucune aspérité, sans émotion. Pire, pas adapté à eux ! Sans une phrase qui sonne vraiment comme la personne qui va la prononcer.
Le problème n’est pas l’outil. C’est de croire qu’un texte généré peut remplacer une préparation. Une intelligence artificielle peut aider à structurer des idées ou gagner du temps sur une première version. Elle ne peut pas remplacer le travail qui rend une prise de parole crédible : connaître le sujet en profondeur, anticiper les questions qui piquent, trouver le ton qui ressemble vraiment à la personne qui parle.
Ce que ça change pour préparer une intervention
Le travail que je fais avec les dirigeants que j’accompagne est l’inverse d’un texte généré : le fond vient d’eux, pas d’un prompt. Un brief pour comprendre les vrais enjeux, un conducteur écrit avec leurs mots, du coaching pour retrouver de l’aisance à l’oral. C’est ce qui distingue un discours qu’une équipe retient d’un discours qu’elle décroche au bout de deux minutes.
L’intelligence artificielle a sa place dans cette préparation, mais en soutien, jamais à la place du travail de fond, qui lui apporte l’émotion.